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Bénin/ Tourisme Gogotinkpon, la nouvelle attraction anecdotique

Ecrit par Sur 26 juin 2020

Gogotinkpon est un site touristique incrusté dans une zone humide du site ram-sar au Bénin, située entre l’Océan atlantique et plusieurs lac et lagunes dans la partie Sud-ouest du pays. Ce site, source d’attraction en pleine révélation, fouette la sensibilité aux goûts du voyage à la fois chez les expats que des nationaux. Du coup ce petit village à fort potentiel touristique optimise l’apport de la région du Lac Ahémé à l’offre touristique nationale. Même si, cela est palpable il n en demeure pas moins réaliste de souligner que du chemin reste à faire pour son plein essor.

Dieudonné Kouassi METONOU

Le régime de fréquentation de la route de l’eau ou détour par Gogotinkpon, est prometteur. Bien que relativement récente l’intiaitive Détour par Gogotinkpon génère des impacts encourageants pour ses géniteurs. Par elle, la promotion de nombre d’atouts naturels et traditionnels ne fait que commencer au profit d’une région peu valorisée sur le registre de sa richesse patrimoniale. Un bout du chenal principal du Lac Ahémé, Gogotinkpon concentre bien des atouts paysager, ornithologique et sociohistorique. Ces derniers génèrent nombre d’attraits auxquels les curieux peinent avec bonheur à résister. On lui connait ses tendances à frapper aiguiser le sens de l’humour chez les locuteurs du parler fongbé du pays. Il faut désormais lui ajouter : la beauté de ses îlots aux oiseaux, des reliques de la route de l’eau et de ses multiples traditions alimentées aux différentes sources des groupes socioculturels qui forment sa communauté.

Gogotinkpon ou l’art de tâter les popotins?

Littéralement l’appelation de votre village à laquelle adhèrent facilement tout curieux des langues locales du Sud du Bénin, se résume en une anecdote entre acteurs de la pêche artisanale dans cette localité. Celle-ci renseigne sur une expression sentimentale gestuelle: Elle a consisté à tâter le postérieur de la femme; ce fut un geste effectué par un pêcheur sur cet îlot destiné aux transactions autour des produits de pêche.

L’une des femmes emprunte la traduction de ce geste pour désigner verbalement le lieu où elles s’approvisionnent en espèces halieutiques, en l’occurrence les poissons, nait alors le nom Gogotinkpon qui littéralement indique combien les “fesses sont puissantes” or il s’agit d’après les sources authentiques, de l’endroit où on a tâté les popotins de femme.

Gogotinkpon, le village à trois appellations

Gogotinkpon fait partie de la lisière du Mono et marque les frontières de l’Atlantique avec ce département. Ses habitants viennent en majorité du Mono mais aussi de Ouidah. Ils maitrisent au moins quatre parlers nationaux : Fongbé, Guingbé, Xwélagbé et Xwlagbé.

A l’interne, d’après nos constats et des sources dignes de foi, Gogotinkponmè est le nom originel duquel dérivent deux diminutifs dont l’un, Gogo, est usuel à l’interne et le second Gogotinkpon, labellisé par sa résonnance particulière lui confère sa célébrité grandissante. Si ce village détient plusieurs reliques du transport lacustre de l’ancien temps et gardent des conditions favorables à la sédentarisation des oiseaux il n’empêche que ses attraits pour les touristes nationaux notamment sont induits par la bien curieuse signification à laquelle renvoie son pseudo Gogotinkpon. Parlant des faits historiques, un détour assorti d’une conversation à propos vous renseigne de l’existence d’un hameau devant son nom à l’activité de contrôle des marchandises transportées par les femmes commerçantes des coins d’habitations le long du chenal Aho du lac Ahémé. Dénou ou Dénougbin témoigne de ce passé et on comprend pourquoi dans la foulée et pour les biens de son hégémonie sur ce plan d’eau, un roi-Zounon de Guézin- érige dans la localité, une résidence secondaire. Véritable carrefour sur une route lacustre, cet endroit se prête à la fonction d’un poste de douane. On comprend cette partition sécuritaire et économique de Gogotinkpon vu l’importance reconnue au wharf de Grand Popo à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXème. Ainsi Gogotinkpon servirait à l’épandage des points de distributions des “gadgets” d’importance pour l’immersion et l’intégration des colons dans les communautés. Il se raconte qu’il aurait abrité les fameuses factoreries.

La route de l’eau offre ce brin d’histoire en même temps qu’elle rince les yeux aux touristes à la faveur d’autres atouts de son écosystème fait de mangroves, des ondulations du lac et sa douceur sans oublier ses richesses ornithologiques et halieutiques. Les bienfaits de la Nature ici, sont variés et fonction de son double relief : plateau et zone humide. Côté relief sur le plateau, les fruits sauvages comestibles tels que ” le celi” une espèce de dattes mais aussi Ovo, ayla et sisrè (tamarins) . Une Zone Humide se prête à la vie des cocotiers. Gogotinkpon en bénéficie et ainsi attire les visiteurs par l’eau fraiche de ses coco verts d’un pur délice à l’instar du vin de palme ou de dattier dont l’exploitation garde un goût d’exotique prisé par les jeunes citadins et touristes occidentaux.

“Détour par la Route de l’eau”, une bouffée d’oxygène à la grisaille économique des ménages!

L’activité de pêche conjuguée avec celles champêtres et de petits commerces pour nombre d’habitants restent les principales sources de revenus. Pendant il en a été ainsi avec une note de prospérité. A vrai dire les perspectives ont changé depuis quelques années amaigrissant le pouvoir d’achat des familles. Les éléments d’explication à cette morosité sont connus le travail qui reste titanesque se situe du côté des solutions pour l’ inverser. Au titre des mesures en essai figure ce mini projet de tourisme écologique et solidaire. L’initiative vient d’un jeune cadre du milieu. Nanti d’une maitrise en sociologie à l’ex- Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université d’Abomey-Calavi et professionnel des médias radio, il sera piqué vif, en 2017, par le récit d’un de ses enseignants véhiculant tout le contraire de l’anecdote et des faits à la source de l’appellation la plus reconnue à son village natal: Gogotinkpon. A la suite de la rectification de sa version qui n’était qu’une imagination favorisée par les intox dont l’expansion des réseaux sociaux reste un terreau, les excursions s’enchainent. Et de bouche à oreilles mais aussi par les mêmes canaux digitaux les témoignages diffusés après les visites de la Route de l’eau se multiplient, les merveilles de Gogotinkpon au même moment. A force de créativité de son principal promoteur, une visite de ce village-site touristique de nos jours rime avec les animations des ateliers : “modelage des fesses” et celui dit “Tobô”, du nom de cette argile purifiante et adoucissante du visage, des paumes et peau. De tradition deux pratiques de milieux vodoun sont soupçonnées. Il s’agit, primo : de l’utilisation de l’arigle tobô et assimilées pour nettoyer les traces d’ingrédients de la tête et du corps des adeptes de la divinité “kokou” après les démonstrations ou animations de leur puissance. Secundo, les collectivités adoratrices de caïman ou de crocodiles dans la localité gardent au couvent les jeunes initié e s. A la fin de la période d’initiation, les enfants et même certains adultes doivent se faire rechercher et trouver loin de leur couvent mais plutôt dans les bas-fonds le corps enduit de boue, notre argile tobô. Après en rapprochant cette tradition des effets adoucissants de tobô sur le corps, il est aisé de deviner derrière cette pratique de masque du corps pour marquer la fin du temps initiatique une habitude qui pourrait impacter à la fraicheur de la peau et du visage des adeptes fraîchement libéré es à leur double communauté des familles biologique et religieuse. Les fonctions de Tobô sont aujourd’hui diversifiées. Elles promises à un meilleur sort tant ses ramifications de la science de l’esthétique du corps et de l’esprit sont probables.


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