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Bénin : la fin du CAMES dans les universités publiques selon le Professeur Moïse LALEYE

  • janvier 17, 2024
  • 6 min read
Bénin : la fin du CAMES dans les universités publiques selon le Professeur Moïse LALEYE

Le gouvernement béninois a autorisé la régularisation de la situation de 31 agents intervenant dans des universités publiques du Bénin. Ainsi ces enseignants qui jusque-là aidaient généreusement ces universités vont être recrutés. Pour le Professeur Moïse LALEYE, cette mesure du gouvernement est loin d’être banale. C’est la fin de l’intrusion du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement (CAMES) dans le recrutement des enseignants dans les universités publiques au Bénin. D’autres conséquences liées à cette décision gouvernementale suivront, jure l’enseignant-chercheur à la retraite. Rappelons que Moïse LALEYE et Mohamed Rahimy, tous deux enseignants d’université à la retraite sont auteurs de l’ouvrage ” Le CAMES : la nébuleuse qui entrave l’essor du Bénin et de l’Afrique” paru en avril 2018.
Nous vous proposons l’intégralité de la tribune.

TITRE : EXIT le CAMES : LA DECISION QUI LEVE TOUTE EQUIVOQUE !

Enfin, au Bénin, le CAMES est définitivement et formellement mis hors de tout processus ou procédure de recrutement et de promotion des enseignants chercheurs et chercheurs des universités nationales. C’est l’essentiel à retenir de la régularisation de la situation administrative de trente un (31) agents intervenant dans les universités publiques du Bénin, comme autorisée par le Conseil des Ministres en ses délibérations du 09 janvier 2024.

L’information n’était pas moins glaciale pour le monde des universitaires et singulièrement pour les inconsolables du maintien vaille que vaille d’un machin fossilisé, tout aussi toxique pour notre environnement quotidien.  

Ainsi, telle une simple mesure normative prise par le gouvernement au cours de sa session du 09 janvier 2024 tenue à Cotonou, la régularisation de la situation administrative de trente un (31) agents intervenant dans les universités publiques à l’issue du compte rendu du Conseil des ministres publié, passait a priori comme un non évènement. C’était une mesure ordinaire de reconnaissance prise dans l’ambiance des festivités du Vodun.

Au plus, de considération précieuse, ladite mesure étalait une certaine mansuétude de rétribution, à la limite, d’affect communicationnel du gouvernement, à l’égard d’une catégorie de généreux compatriotes, toutefois anciens boursiers de l’État béninois, ayant accepté combler une carence criante en ressources humaines dans nos universités publiques, à l’heure de la mise en œuvre des réformes éducatives au niveau de l’enseignement supérieur.

 En termes clairs, l’entame de l’exposé des motifs justifiant cette mesure invitaient à une compréhension émotionnelle, en ce qu’il est fait état de ce que ces agents titulaires de doctorat ont été utilisés et impliqués dans les travaux académiques et de recherche des universités, en vue d’assurer l’encadrement des étudiants en suppléance au déficit chronique en personnel  de ces hauts lieux de savoir.

Mais, a posteriori, un arrêt sur l’image met en lumière que cette régulation administrative, plus que jamais, révèle une mesure normative majeure, prise par le gouvernement en matière de gestion des carrières des enseignants et des chercheurs du supérieur au Bénin. De toute façon, en l’espèce, il s’agit d’une mesure normative abrogatoire ordinaire. Elle n’est ni dérogatoire ni exceptionnelle ainsi qu’elle est disposée et publiée.

Au demeurant, sans aucune exégèse fumeuse dogmatique ou une masturbation doctrinale futile, la régulation administrative ainsi actée sonne formellement et de manière définitive, la fin de l’intrusion scélérate du CAMES dans la gestion des carrières des personnels de l’enseignement et de la recherche scientifique de nos universités, notamment publiques.

          En effet, d’évidence acquise, le maintien sournois de l’interventionnisme pirate du CAMES dans le dispositif professionnel national de recrutement et de promotion des personnels concernés, vient d’être balayé purement et simplement par cette mesure majeure.

Irrésistiblement, la présente mesure majeure dans sa pertinence inébranlable suscitera et fondera à très court terme la relecture, aux fins de modifications correctives subséquentes de certaines dispositions des nouveaux statuts particuliers de ces personnels, alors adoptés, sans doute, en vertu d’une application biaisée de la réforme prescrite, s’agissant substantiellement de  la survivance incongrue du CAMES dans l’articulation de la réglementation reformée.

Car, il ne saurait prospérer dans la république un antagonisme réglementaire   pour gérer une même corporation.

Absolument, le gouvernement a motivé légalement la mesure de régularisation administrative décidée en disposant comme suit :

« … Les comités scientifiques sectoriels et les conseils scientifiques ayant validé  les dossiers  de certains d’entre eux, ils ont été inscrits sur les tableaux scientifiques… le Conseil a autorisé  la régularisation de la situation administrative des intéressés et leur reclassement dans un corps des personnels enseignants des universités publiques du Bénin pour compter de la date d’effet de leur mise à disposition en qualité d’assistant en position probatoire »    

Indiscutablement, l’autorité exécutive par ses lettres a réaffirmé le monopole régalien des conseils scientifiques des universités nationales, quant aux recrutements et aux promotions des personnels enseignants et chercheurs du supérieur dans un État souverain, tel que le Bénin.

De ce point de vue, de fait comme droit, loin d’être une mesure dérogatoire, encore moins une mesure exceptionnelle, l’État béninois a purgé de toute intervention extérieure la mécanique réglementaire  de gestion administrative et financière des personnels enseignants et de recherche scientifique des universités nationales béninoises.

En cette occurrence, il est rayé définitivement du dispositif légal national l’interventionnisme occulte, naturellement illicite, anti progrès, véritablement insignifiant et contre l’essor national de la nébuleuse CAMES.

A tout prendre et de constance indiscutable établie, en raison de cette mesure le pouvoir politique, seul et unique employeur des agents de l’État,  vient de reconquérir toute son autorité et ses attributs régaliens en matière de recrutement et de nomination promotionnelle  des personnels enseignants et de recherche scientifique des universités publiques nationales dont il est spoliée par l’interventionnisme frauduleux du CAMES.

Elle vient d’indiquer la voie à suivre sans aucune résistance ou pare-feu de confort jouissif.

Alors, il y a lieu d’en prendre bon acte et de s’y conformer sans coup férir pour sauver nos universités de la nullité des nuls.

EXIT le CAMES du Bénin à jamais!

Professeur Oladé O. Moïse LALEYE

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Samuel HOUNDJO

3 Commentaires

  • Les analyses faites dans cet article ne me paraissent ne sont ni justes ni fondées. La mesure prise par le gouvernement n’est qu’une mesure administrative pour régulariser la situation d’un certain nombre d’enseignants titulaires d’un doctorat mais évoluant au secondaire. Ces enseignants interviennent également dans les activités académiques notamment à l’Université d’Abomey-Calavi. Le CAMES n’a jamais été impliqué ni de près ni de loin dans le recrutement des enseignants du supérieur dans aucun pays membre. C’est après le recrutement par les pays membres que le CAMES prend la relève en matière de promotion de ces enseignants. Il faut noter également qu’un enseignant du supérieur n’est pas tenu de se présenter au CAMES. S’il choisit d’être assistant durant toute sa carrière, il peut ne pas faire des publication ni encadrer des mémoires et évoluer selon la grille salariale qui correspond à son niveau. L’article dénote d’une méconnaissance totale et dangereuse du fonctionnement du CAMES. Dr Katchédé Etienne IWIKOTAN, Maître de Conférences des Universités du CAMES

    • À notre humble avis, les aptitudes intellectuelles primaires requises de tout savant, c’est à dire doctus, autrement dit le docteur dans le langage courant sont celles de :
      – l’humilité, sustentant de tout temps le doute, le doute réflexif, lequel, selon le grand penseur Descartes, est à l’origine de la sagesse;
      – la saine curiosité, source vivifiante de l’investigation anoblissante, de la recherche, davantage, la recherche scientifique;
      – enfin, la rigueur structurante, laquelle construit l’intelligibilité de l’être, davantage, le savant.
      Au demeurant, le savant ne peut opiner, davantage commenter en censurant sans s’obliger de démontrer, de convaincre sans affect ni vacuité.
      C’est vrai que le Cames saoule et abrutit à travers sa présence illégale, son interventionnisme scélérat, le tout foncièrement monstrueux.
      Sinon, peut-on se présenter et s’identifier au Bénin, es qualité Maître de Conférences des Universités du CAMES alors qu’il n’existe et n’a jamais existé des universités créées par le CAMES.
      En l’espèce, on se gargarise des bulles des promotions fictions d’une structure dite interétatique, faut-il insister, sans existence légale, évoluant dans l’informel crasse et une supercherie hallucinante.
      Par ailleurs, pourquoi peut-on s’autoriser de critiquer tout en se refusant de s’informer afin de nourrir ses critiques?
      Nous n’empêcherons personne de végéter dans l’abysse de la nullité et de l’ignorance parfaite.
      Toutefois, nous exigeons simplement que l’on ait la probité intellectuelle de parler de ce qu’on connaît et dire ce dont on pourra rapporter la preuve.
      À ce égard, en concédant à Monsieur IWIKOTAN et consorts que nous avons « une méconnaissance totale et dangereuse du fonctionnement du CAMES », nous le renvoyons d’abord à la lecture des articles 13, 21, 32 et 42 du décret 2021 – 378 du 14 juillet 2021 portant statuts particuliers des corps des personnels enseignants des universités publiques du Bénin pour savoir qu’il n’est pas autorisé statutairement à porter le titre dont il s’affuble.
      Ensuite, il pourra relire l’article 5 dudit décret pour se rendre compte de ce que les personnels enseignants des universités publiques du Bénin sont catégorisés en trois corps limitativement énumérés comme suit :
      – « Le corps des Maîtres-Assistants,
      – Le corps des Maîtres de Conférences,
      – Le corps des Professeurs titulaires ».
      Et de suite, il est disposé à l’article 13 alinéa 1er, ce qui suit : « Les Assistants ont vocation à accéder aux autres grades supérieurs. A cet effet, ils sont tenus de se soumettre aux évaluations du CAMES pour leur inscription sur la liste d’aptitude au grade de Maîtres assistants ».
      Au pied de ces lettres, Monsieur IWIKOTAN ne manquera pas de noter l’intrusion pirate du CAMES dans le dispositif de recrutement et de promotion des enseignants et chercheurs du supérieur dans les universités publiques du Bénin. Il s’observe là un dangereux biais introduit malicieusement dans l’articulation statutaire des enseignants du supérieur à l’aulne des réformes.
      Somme toute, nous pouvons nous suffire de ce que Monsieur IWIKOTAN est un expert du CAMES et à ce titre, nous le prions de mettre ses offres au service de nos autorités nationales à savoir les Ministres LADEKAN, MATHYS et le Président GBAGUIDI du Conseil National de l’Éducation pour leur fournir les textes législatifs fondateurs et les actes formels authentiques du CAMES.
      Ainsi, il aura soulagé les souffrances et suppliques de ces autorités à disposer d’une documentation officielle exploitable et sauver la nébuleuse fossilisante dans notre pays.
      Amicalement
      Merci,
      Moïse Lalèyè

  • Hummmm! Je viens de parcourir la tribune du professeur Lalèyè. Je ne suis pas du même avis que lui pour des raisons déjà évoquées par monsieur IWIKOTAN. Mais également, pour le fait que le Bénin ne saurait faire bande à part pour ce qui est de la promotion du personnel enseignant chercheur de nos universités.
    Je n’ai pas lu le livre co-publié par le professeur Lalèyè, je remarque ici dans son article qu’il n’a pas détaillé ce qu’il reproche à la structure CAMES.
    Néanmoins, nous le remercions de sa prise de position 🙏🏿🙏🏿

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