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Bénin: l’avocat de Sébastien Ajavon dénonce «un recul des libertés publiques sans précédent»

Dans une lettre ouverte au président béninois Patrice Talon, maître Antoine Vey, avocat de Sébastien Ajavon, qui était arrivé troisième lors de la dernière présidentielle, dénonce un recul des libertés dans le pays et demande que la condamnation de son client soit annulée.

Le message est adressé directement au président Patrice Talon quelques mois avant la prochaine élection présidentielle, prévue en avril 2021. L’avocat français Antoine Vey estime, dans une lettre ouverte, que depuis l’investiture du chef de l’État béninois, en 2016 ,« le Bénin connaît un recul des libertés publiques sans précédent ».

Il accuse le président d’avoir « dévoyé le processus électoral afin de pouvoir le contrôler et empêcher toute expression dissidente d’accéder aux élections. Les conditions de candidature ont été durcies, tandis qu’une loi sur les partis politiques a restreint indûment le droit d’association, en violation flagrante de la Charte africaine des droits de l’homme ».

Atteinte à la liberté de la presse

Selon lui cela aurait exclu l’opposition du processus électoral lors des dernières législatives menant à une « abstention record » et un « climat de violence inédit ».

Pour maître Antoine Vey, la liberté de la presse est également la cible du pouvoir. « Près d’une dizaine de journalistes, dont Ignace Sossou, ont été emprisonnés depuis l’édition en 2018 du Code du Numérique », rappelle-t-il, avant de prendre l’exemple de son client, Sébastien Ajalon, l’un des principaux opposants au régime, arrivé avec près de 23% des voix lors de la dernière présidentielle.

« La condamnation de Sébastien Ajavon doit être annulée »

L’avocat dénonce une « cabale politico-judiciaire liée à un prétendu trafic international de stupéfiants » et demande l’annulation de la condamnation de son client. Sébastien Ajavon a été condamné en 2018 à 20 ans de prison mais a toujours clamé son innocence.

« Tant que M. Ajavon n’aura pas été rétabli dans ses droits de citoyen, tant qu’aucune opposition ne pourra s’exprimer, le Bénin ne pourra plus prétendre au titre de démocratie dont il s’est si longtemps enorgueilli », conclut l’avocat.

En novembre 2019, l’État du Bénin a été condamné par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) à payer à Sébastien Ajavon 60 millions d’euros au titre des préjudices économiques et moraux causés à l’homme d’affaires et opposant politique.

Avec RFI

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