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Bénin : le calvaire des personnes souffrant de la drépanocytose continue

  • avril 4, 2024
  • 5 min read
Bénin : le calvaire des personnes souffrant de la drépanocytose continue

Le crime contre les personnes souffrant de la drépanocytose sous le régime de la rupture est sans fin, à cause de la continuation de la gestion chaotique par l’État des réformes hasardeuses entreprises dans le domaine de la lutte contre ce fléau au Bénin!

Nous revenons ici sur le dossier puisse que l’état des lieux reste davantage préoccupant quant au sort réservé aux patients de l’ex-CPMI-NFED qui ne savent plus à quel saint se vouer pour leur garantir une prise en charge médicale de qualité.

En rappel, c’est tambour battant qu’en novembre 2020, le Ministre de la santé Benjamin HOUNKPATIN a entrepris de réformer le Centre de Prise en charge Médicale Intégrée du Nourrisson et de la Femme Enceinte atteints de Drépanocytose (CPMI-NFED), alors l’unique centre national spécialisé de soins, de formation et de recherche en matière de prise en charge médicale des patients dans le cadre de la lutte contre cette pathologie, sous le prétexte d’améliorer les performances et prestations dudit centre en vue de doter ce centre d’une ressource humaine qualifiée, apte à garantir les soins de qualité aux malades.

Force est de constater qu’à peine deux (02) ans après la mise en œuvre de ses réformes, sous décision du Conseil d’Administration du CPMI-NFED, prise en décembre 2022 et proposée au Gouvernement, cet établissement public à caractères social et scientifique a été dissout en Conseil des Ministres par le décret n°2023-426 du 26 juillet 2023 et est actuellement en liquidation.

Les raisons évoquées sont entre autres :

  • Incompétence du personnel : « les ressources humaines disponibles au niveau du centre … ne sont pas à la hauteur du défi … »
  • « Insuffisance en ressources humaines qualifiées »

Il convient de rappeler aussi que l’ex-CPMI-NFED a été élevé au prestigieux rang mondial, de champion des actions hardies de lutte contre la drépanocytose le 1er août 2019 par l’OMS.

Il est aussi important de rappeler que l’ex-CPMI-NFED a créé son école de formation professionnelle dans laquelle deux promotions d’étudiants suivaient la formation d’un master professionnel, dispensés e en partenariat avec des universités et institutions européennes et américaines de renom, dans l’objectif de suppléer à la carence profonde de la ressource humaine qualifiée d’une part et d’assurer un développement décentralisé rassuré de ses activités au profit des populations du pays et de la sous-région d’autre part. On s’étonnait bien de cette subite dissolution dudit Centre dont rien ne devait présager sa survenue, si tant est que l’objectif des réformes consistait à lui assurer une pérennité davantage performante, en ce que, le Ministre s’était assuré de l’expertise qu’il a mise en place et de la capacité technique et professionnelle de la ressource humaine nommée par lui pour garantir le développement dudit centre au profit des malades et de son rayonnement national et international.

Du coup, la dissolution du centre s’analyse comme un rapide échec des réformes entreprises et un revers cinglant pour son auteur et autres exécutants.

Le comble aujourd’hui, c’est qu’il s’opère actuellement une liquidation occulte et opaque, ainsi que l’expose la dernière note de service n°0424/MS/CNHU-HKM/DAF/SRH/DEGC du 14 mars 2024 signée du Directeur général du CNHU-HKM par laquelle il est procédé au reversement pur et simple d’une partie des personnels de l’ex-CPMI-NFED, normalement en liquidation, qualifiés inaptes, autrement dit incompétents. Et semble-t-il, le même processus serait en cours dans les autres hôpitaux abritant les antennes de l’établissement dissout, en vue de la continuation des soins.

Le paradoxe est bien frappant, dans la mesure où l’autorité s’oblige des services et prestations des personnels jugés par elle disqualifiés pour relever les défis de la lutte contre la drépanocytose dans notre pays qu’il a peu, a été reconnu champion par l’OMS.

Dans ces conditions, se posent des problèmes de cohérence et de gouvernance dont les conséquences sont immédiates pour une garantie des soins de qualité pour les patients souffrant de la drépanocytose, abandonnés à une approximation regrettable de leur prise en charge médicale, accroissant leur fragilité statutaire médico-sociale.

Également, il est remarquable un problème de crédibilité de l’État à l’international, parce qu’il reste incompréhensible les revirements portant atteinte aussi sérieusement à la coopération institutionnelle décentralisée ainsi qu’à la considération dont bénéficie le Bénin, notamment au niveau de l’OMS.

Au demeurant, comme dans d’autres secteurs de la nation et particulièrement au niveau du système de santé, il va sans dire que ces malades sont victimes d’un non-sens reprochable au Ministre de la santé, des inconséquences du gouvernement et des instances chargées de la régulation du système de santé, surfant sur l’imprévisibilité du chef de la rupture d’une part, nonobstant l’insouciance et l’inconscience des parents des patients ajoutées au silence coupable de ces derniers d’autre part.

Il est à souhaiter une vive réaction du chef de l’État pour mettre fin énergiquement à la mise à mort programmée de ses concitoyens souffrant de ce mal, plongés dans l’approximation d’une prise en charge médicale hasardeuse, vivant dans une détresse vitale quotidienne.


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Samuel HOUNDJO

2 Commentaires

  • Cet article est creux. Aussi creux que les instigateurs. Il sera louable de votre oart de nous livrer non pas les ressentis dune petsonne ou d’un clan mais oar exemple de faire une simple investigation en faisant un tour dans le complexe Ex Cpmi nfed pour voir la manière dont la gestion des malades est faite au lieu de penser que …apres nous le déluge…. honte a vous quand vous presenter des situations qui sobt loin de la réalité…. si un decret dissout une structure….. la procédure normale est la liquidation..en vue d’une réorientation selon la réforme prévue. A vous lire….. cest comme nouveau la liquidation. Ube structure de santé nest pas liquidé comme un établissement commercial. Mieux le reversement du personnel pour bénéficier d’une protection sociale et de la convention du cnhu khm est une mesure de protection des droits des travailleurs contrairement a ce que vous insinuez.

  • Le hautement social qui néglige la santé et supprimé l’assurance maladie crée un système mortifère où tout est soit politisé soit mercantilisé. Jusques à quand cela va durer? Sincèrement j’ai honte de cette Rupture qui ne fabrique que des routes sur lesquelles ceux sont finalement nos cercueils qui circuleront dessus.

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