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BILLET POLITIQUE DU 16 NOV

Pardon et réconciliation à la Talon

Le Président de la République a entamé la semaine dernière une tournée nationale. À l’agenda de Patrice Talon, ce sont 54 communes à travers les douze départements qui vont recevoir la visite du Chef de l’État. En 4 ans 6 mois, Patrice Talon est ce Président qui depuis son palais prend des nouvelles de son peuple. Mais cette fois-ci, il est décidé à aller la rencontre du peuple béninois dans sa majorité. Qui sait? Peut-être quelque chose est encore possible pour lui, (ce peuple) pour les 6 mois à venir. Oui, il ne reste que 6 mois du quinquennat. Les choses vont tellement vite que le Président Talon lui-même a avoué qu’il s’est vu surpris par le temps.

Son arrivée à Savè et à Tchaourou a été l’une des plus difficiles au regard des réactions violentes d’une partie de la population.
Oui, cette violence n’est que la preuve palpable de la douleur de ces populations qui ont connu des violences avec la police; lesquelles violences se sont soldées par des morts. Et d’autres corps sont encore confisqués empêchant des familles de faire leur deuil.
Pour une fois, le Président a touché du doigt la façon dont le vivre ensemble a été fragilisé.

Face à cette réalité, le Président a lancé un message de paix et de réconciliation. Il a surtout demandé pardon pour tous ces morts liés aux violences post électorales de 2019. Pour une fois, Patrice Talon s’est accroché au profil d’un homme d’État. Mais voilà qu’il le fait seulement à 6 mois de la fin de son mandat dans un contexte où il sera candidat l’élection présidentielle de 2021. Celui qui n’a jamais manifesté ni compassion, ni regret face à la mort de ses compatriotes ou face aux cris de cœur d’un peuple meurtri, mais qui curieusement le fait alors qu’il pense décrocher un second mandat est-il digne de confiance ? Quel est d’ailleurs le degré de sincérité de cette compassion? De ces appels au pardon et à la réconciliation ? Il s’agit là d’une série de questions qui mérite d’être posée. Malgré tout ceci on peut lui accorder une présomption de sincérité, car c’est déjà un pas de reconnaître qu’il y a à faire. C’est déjà louable. Mais on n’attend pas les joutes électorales pour réconcilier son peuple. L’homme d’État doit mettre le peuple au cœur de sa gouvernance. Patrice Talon l’aurait compris beaucoup plus tôt que sa gouvernance aurait échappé à bien de critiques légitimes.

Nelie DODJINOU

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