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BILLET POLITIQUE DU 21 DÉCEMBRE 2020

BONGO VEUT UNE PROTECTION CONSTITUTIONNELLE

Le conseil des ministres gabonais s’est tenu le 18 décembre 2020. Le conseil a adopté le Projet de loi portant révision de la constitution de la République gabonaise. Une révision qui portera sur près d’une vingtaine d’articles. Mais c’est l’article 78 qui attire toute particulièrement l’attention des analystes. L’article 78 tel que proposé par le conseil des ministres dispose « le Président de la République qui a cessé d’exercer ses fonctions ne peut être mis en cause, poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé pour les actes et faits de violation de serment, de haute trahison et pour les faits commis dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions. » Un article qui rappelle l’une des dispositions du premier projet de loi portant révision de constitution béninoise sous la Rupture. Un projet rejeté fort heureusement. C’était une parenthèse.
Et bien, le vœu du Président Ali BONGO, c’est de ne pas à avoir à répondre devant la justice des actes qu’il aurait commis sous ses mandats. Monsieur le Président veut avoir une retraite apaisée. Et ça, c’est le propre des présidents africains. Eux, qui pendant leurs années de pouvoir, se transforment en bourreaux de leurs peuples. Eux, qui pour la plupart, pillent les ressources financières de leurs pays pour s’acheter châteaux et villas de luxe en Europe et dans le monde. Eux, qui détournent les aides aux développements pour les déposer dans les paradis fiscaux. Eux qui sont sans pitié pour leurs opposants, sans compassion pour leurs peuples ne souhaitent pas répondre devant l’histoire. Président à vie c’est leur souhait, Paul Biya, Denis Sassou N’gesso, Idriss DEBY sont les pionniers de cet attachement au pouvoir car ils ont peur de se retrouver un jour face à la justice de leurs pays ou la justice internationale. Mais ceux qui se rendent à l’évidence qu’un jour le pouvoir les échapperait, cherchent vite à se mettre sous la protection constitutionnelle. Comment pourrait- on se permettre de souhaiter ne pas répondre de ses actes ? Non. Mes chers Messieurs les présidents africains, vous n’êtes ni au-dessus de la loi ni de la justice. Il est vrai que vous n’allez pas être jugés comme tout citoyen mais des mécanismes sont prévus pour juger des personnalités qui ont occupé de hautes fonctions.
Et quand je vois l’ancien président de la République française Nicolas ZAKOZY qui risque une peine d’emprisonnement pour des faits commis sous son pouvoir, je me demande à quand le tour de nos dirigeants africains.

Nelie DODJINOU

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