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Billet Politique: Et pourtant c’était si simple de laisser les peuples s’exprimer

Qui a vécu les  dernières années du pouvoir de Boni YAYI retiendra les marches de dénonciation ou de soutien à sa gouvernance. Le Bénin de démocratie authentique à l’époque était un espace clivé, non pas, sur des mobiles de haine, mais plutôt, sur des différences d’opinions autour des options de gouvernance.

D’un côté, les” fous du rois” et les FCBE et de l’autre, les forces Démocratiques. On retiendra la présence remarquable des syndicats, des Osc et surtout du jeune parti politique de l’époque ” Alternative Citoyenne”  avec son mouvement dénommé mercredi rouge.

En ces dernières années du second mandat du Président de la République, Boni Yayi, l’héritage de la Conférence Nationale des Forces Vives de Février 1990 était encore un trésor. Le lien d’amitié sacralisé entre les Béninois et la Constitution, bréviaire dérivé des conclusions de ces assises, était encore perceptible. Les moindres offensives du pouvoir Yayi pour altérer les fondamentaux de la démocratie béninoise étaient systématiquement tuées dans l’œuf. Le gouvernement Yayi aussi savait reculer dans le jeu politique.

Chacun était dans une moindre mesure libre de soutenir ou de dénoncer.

Les rues de Cotonou étaient bondées de monde. C’était là le signe matériel de l’expression de la jouissance d’un droit constitutionnel, la liberté d’expression et de revendication. Les “pro et les anti ” offraient un débat équilibré et respectueux du peuple souverain dans toute sa diversité.

Mais oups! Cette époque semble être un lointain souvenir. Très vite, sous le couvert d’un dépoussiérage de la démocratie, les fondamentaux ont été démolis. Couche après couche, l’édifice du droit, source de protection de la démocratie pluraliste est tombée en ruine. Dès que le pouvoir a changé de main dans une liesse populaire ( et là encore c’était le jeu démocratique qui l’a permis), des lignes rouges ont été tracées, des lois taillées sur mesure ont enlevé aux béninois l’envie de manifester. Et viennent s’ajouter les tueries de mai 2019 après des élections législatives exclusives. De nouvelles infractions ont été créés, Ignace Sossou, Casimir Kpéjo ne vous feront pas compter leurs mésaventures.

Mais ce samedi 31 octobre 2020, à la moindre occasion, elles ( les femmes) n’ont pas hésité à descendre dans les rues sur tout  l’ensemble du territoire béninois. Les femmes du Bénin pancartes en main avec différents messages ont porté la voix des sans voix.

Elles ont dénoncé le malaise politique.

Elles ont dénoncé l’apauvrissement du panier de la ménagère.

Et c’est sans occulté la question du parrainage jugé crisogène en raison des germes d’exclusion qu’il renferme avec l’élection présidentielle d’avril 2021 qui s’annonce.

Malgré la peur qui se ventile et la prison comme un moyen dissuasif pour toutes revendications, nos braves femmes nous ont montré le chemin. Ceux qui pensent que la mobilisation n’était pas de taille devraient se rendre à l’évidence que le peuple béninois tient à sa liberté et sa Démocratie.

Reconnaissons leur bravoure, car se mobiliser pour revendiquer sous la Rupture était devenu une denrée rare.

Et laisser les peuples s’exprimer est tout aussi à l’actif du gouvernement béninois.

Laisser les gens vidés leur trop plein permet d’anticiper les crises. En avant pour plus de liberté et plus de démocratie avec une Rupture qui rompt avec les lignes rouges.

Nelie DODJINOU

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