Image default

Conseil des Droits de l’Homme: l’ODHP s’étonne de l’élection du Bénin

Ecouter l'article

Le Bénin a été élu au conseil des droits de l’homme des Nations-Unies le 14 octobre 2021. 189 voix pour, une abstention sur 193 États, c’est le score qui a sanctionné le vote. Une élection que l’Organisation pour la Défense des Droits de l’Homme et des Peuples (ODHP) ne s’explique pas vu l’état des lieux des droits de l’homme et des peuples au Bénin sous le pouvoir de la Rupture. À travers un communiqué, l’organisation des droits de l’homme marque son étonnement tout en retraçant le tableau des droits humains au Bénin dirigé par Patrice Talon.

ORGANISATION POUR LA DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES (ODHP)

Communiqué de presse

Le Bénin admis au Conseil des Droits de l’Homme : Une élection qui interpelle!

Le 14 Octobre 2021, le Bénin a été élu au Conseil des Droits de l’Homme du système des Nations-Unies. Cela a été fait par un vote où le Bénin a réuni 189 voix pour et une abstention sur un corps électoral de 193 Etats.
Le Conseil des Droits de l’Homme est « un organe intergouvernemental du système des Nations-Unies chargé de renforcer la promotion et la protection des Droits de l’Homme dans le monde ». Quand on connait la situation des Droits de l’Homme au Bénin sous le pouvoir de la Rupture, on se pose des questions sur cette admission du Bénin. Sur quels critères élit-on à ce conseil ? Est-ce un vote pour les Etats ou pour les Gouvernements ?
Car, tout le monde sait qu’au Bénin sous le pouvoir de Patrice Talon, les Droits de l’Homme et des Peuples sont dans les fers :
Les libertés constitutionnelles d’association, de réunion, de manifestation sont violées avec des lois liberticides qui sanctionnent deux individus vus ensemble comme auteurs d’attroupement armé ou non armé. Les partis politiques autorisés à exister sont ceux dits de la mouvance suscités par le Président et ceux dits d’opposition sont ceux qu’il tolère.
Le droit à la vie n’est pas respectée : l’armée tire à balles réelles sur hommes, femmes et enfants comme il en a été en 2019 et en 2021 avec de nombreux morts à Kandi, Parakou, Tchaourou, Kilibo, Savè, Bantè, Cotonou, Calavi, etc. sans aucune enquête judiciaire même contre X. De telle sorte que dame Amoussou Prudence, le jeune artisan Djayane Kandissounon, l’étudiant Dieudonné Djaho, dame Philomène Aballo, etc. n’ont bénéficié d’aucune poursuite judiciaire contre les auteurs de leur assassinat. On ne compte pas les exécutions extrajudiciaires sont monnaie courante, violant le droit à la vie avec la police béninoise sous le silence complice du Gouvernement et de la justice, etc.
La liberté d’opinion est confisquée et sanctionnée avec le retour du délit d’opinion. Ainsi, le pouvoir en use pour fabriquer des dossiers en vue d’envoyer des opposants en prison en violation de la Constitution comme il en est depuis 2018 avec l’Affaire CNSS-BIBE ou Laurent Métongnon et co-accusés. Les arrestations massives pour délit d’opinion font qu’aujourd’hui, presqu’un millier de citoyens Béninois dont beaucoup de jeunes sont en prison ou en exil pour leur opinion ou pour avoir participé à des manifestations dénonçant les élections exclusives d’avril-mai 2021. C’est aussi le cas des Aïvo, Madougou, etc.
Au plan social, les droits des travailleurs et de la jeunesse sont constamment violés. Les conventions de l’OIT sur la liberté syndicale, les garanties de l’emploi et le droit de grève ne sont pas respectées.
Les petits producteurs et les femmes pauvres voient périodiquement leurs outils de travail saccagés au nom de déguerpissements sauvages sans alternative. Il en est de même de populations entières qui sont délogées illégalement et sans ménagement pour les femmes, les enfants et les vieux même en période de pluie contrairement aux textes.
Le Gouvernement reste sourd aux interpellations des organisations de défense des droits humains, aux demandes des organisations démocratiques de jeunes (UNSEB, CPJ), de travailleurs (CSTB, CGTP), de femmes (MFLPP, C GFP), Alliance Pour La Patrie (APP), etc. qui l’invitent à libérer les détenus politiques, à rendre justice aux civils et militaires tués ou blessés lors des crises successives qui secouent le pays, aux victimes diverses, à faire de leurs enfants les pupilles de la nation ; en un mot à mettre fin à l’impunité et respecter les droits humains et des peuples. On ne compte le nombre de doléances de l’odhp à l’endroit du pouvoir dans cet ordre d’idées.
A l’heure où nous mettons sous presse, ce sont les droits élémentaires à l’autonomie administrative locale et à la démocratie dans les universités qui sont arrachées aux populations sous le couvert de réformes où les maires élus sont dépossédés de leur pouvoir, les recteurs et doyens sont nommés par le Gouvernement. Bref, sous le ciel de la rupture, la ruse et la rage érigées en mode de gouvernance ravagent les libertés non sans la résistance des citoyennes et citoyens qui se battent pour un ordre nouveau démocratique et patriotique dans le respect des droits humains et des peuples.

Cotonou, le 15 Octobre 2021

Le Bureau Exécutif National

 3,473 total views,  6 views today

Articles Similaires

Laisser un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.