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Contenus pédopornographiques, viols, images volées : Pornhub retire des millions de vidéos de son site

Pornhub, l’une des plateformes les plus populaires de vidéos pornographiques est dans la tourmente. Une enquête menée par le New York Times dévoile les témoignages de mineurs qui se sont retrouvés, sans leur consentement sur le site de vidéos porno.

Comme le rappelle le quotidien new-yorkais, Pornhub est l’un des dix sites les plus visités au monde avec 3,5 milliards de visites par mois. Tous les ans, l’entreprise basée fiscalement au Grand-Duché de Luxembourg et physiquement au Canada, propose près de 6,8 millions de nouvelles vidéos. Parmi elles, beaucoup montrent des abus perpétrés sur des enfants et de la violence non consentie, selon les témoignages compilés dans le quotidien américain.

Des vies qui s’effondrent

Parmi ces témoignages, il y a celui de Serena, sa vie a basculé quand elle avait 14 ans. Un garçon de l’école dont elle est folle et une vidéo d’elle nue, qu’elle accepte de lui envoyer. Une vidéo qui en amènera d’autres et qui feront changer les regards portés sur elles à l’école. Les vidéos ont été postées sur Pornhub. Elle a beau les faire dépublier, elles reviennent toujours. Certaines atteignent 400.000 vues. Serena est une victime de plus de ce qu’on appelle le “revenge porn”.

5 ans plus tard, Serena a basculé dans la solitude. Elle s’est disputée avec sa mère, est tombée dans la drogue et a fait plusieurs tentatives de suicide. Aujourd’hui, elle a 19 ans, elle est sobre et vit dans sa voiture avec ses 3 chiens. Elle raconte au New York Times : “Toute une vie peut s’effondrer à cause d’une toute petite erreur“. Des témoignages de ce type on en retrouve plusieurs dans l’article du NYT.

Aujourd’hui, le site Pornhub est pointé du doigt pour la diffusion de millions de vidéos de ce qui semble être des abus de mineurs. Il suffit de se référer aux titres des vidéos ou des mots-clés proposés par le site lui-même comme “très jeune ado”, “très jeune ado asiatique”, “ado hurlant” “ado dégradé”. Des vidéos monétisées qui rapportent de l’argent à celui ou celle qui a posté la vidéo en fonction du nombre de vues. Des accusations qui ont déjà des répercussions puisque certains des partenaires du “Youtube du porno” ont même décidé de ne plus travailler avec Pornhub. C’est le cas de Mastercard et Visa, ils ont lâché le site dans la foulée de la diffusion de l’article du New-York Times.

Plus de la moitié des vidéos supprimées du site

Depuis quelques jours, Pornhub a retiré des millions de vidéos de son site. Il n’est pas possible de déterminer exactement combien. Cependant, le site Vice souligne que la plateforme de vidéos pornographiques propose désormais moins de 5 millions de vidéos, contre plus de 13 millions auparavant. Comme l’explique le journal le Monde, on ne sait pas si ces suppressions sont directement liées à l’article du New-York Times. L’entreprise pornographique assure qu’il s’agit de la suite logique d’une enquête menée à son initiative par une commission d’experts en avril dernier.

Pornhub monétise le viol d’enfants, le “revenge porn”, les vidéos volées de femmes prenant leur douche et des contenus racistes et misogynes.

Le site se défend aussi dans un communiqué, il affirme “avoir toujours cherché à éliminer les contenus illégaux, et notamment les vidéos d’actes non consentis ou pédopornographiques”. Une affirmation remise en doute par l’auteur de l’article du New-York Times, Nicholas Kristof, qui écrit :”La plateforme est infestée par les vidéos de viols, elle monétise le viol d’enfants, le “revenge porn”, les vidéos volées de femmes prenant leur douche, les contenus racistes et misogynes, et des vidéos de femmes se faisant étouffer dans des sacs en plastique“.

Pornhub annonce que désormais les modalités pour poster une vidéo sur son site ont changé. “La semaine dernière, nous avons mis en place les mesures de protection les plus complètes de l’histoire des plateformes à contenu généré par les utilisateurs“. Elle annonce aussi avoir “suspendu tous les contenus précédemment téléchargés qui n’ont pas été créés par des partenaires de contenu ou des membres du programme modèle“, qui vérifie que les acteurs et actrices sont majeurs.

Une purge tardive

On peut parler de véritable purge dans les contenus du site mais une purge tardive. Même si l’entreprise assure que ses nouvelles conditions d’utilisation sont encore plus poussées que celles mises en place par les réseaux sociaux populaires comme Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Snapchat et Twitter, la réalité c’est que Pornhub a mis trop de temps à réagir.

Le New-York Times explique qu’en 3 mois cette année, Facebook a retiré 12,4 millions de photos liées à l’exploitation sexuelle des enfants. Twitter a fermé 264.000 comptes problématiques en 6 mois. Le contraste est assez hallucinant puisqu’il n’a été rapporté que 118 cas d’images d’abus sexuels sur des enfants en 3 ans sur PornHub.

Une sous représentation qui peut s’expliquer, selon le New-York Times, par le fait que le public sur Pornhub est en quelque sorte “préparé” à voir des images choquantes et ne signale donc pas les problèmes.

Des publications mieux vérifiées

Pornhub assure avoir serré la vis. Les nouvelles conditions d’utilisation sont plus strictes qu’auparavant où il suffisait d’une adresse mail pour diffuser du contenu. Pratiquement, seuls les utilisateurs “correctement identifiés” pourront publier du contenu et les téléchargements de vidéos seront réservés aux utilisateurs payants.

L’entreprise annonce aussi une équipe entièrement consacrée à la modération du site par une chasse proactive de contenus illégaux. Une méthode différente d’un système de modération classique, qui consiste à analyser des contenus signalés par les internautes.

Des mesures dont on ne sait pas encore si elles concernent aussi les autres sites pornographiques gérés par la maison mère de Pornhub, MindGeek, qui possède aussi d’autres sites pornographiques comme Youporn et RedTube.

Source: rtbf.be

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