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Culture : Ouidah immergé dans la danse de lutte de résistance à l’esclavage ce soir

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Une frange de la communauté des Afro-desdants de la Martinique chante et danse au rythme du Bèlè dans la soirée de ce 20 août 2022 à Ouidah. Ceci s’inscrit dans le cadre de l’édition 2022 de la Journée Internationale de Souvenir de la Traite Négrière et de son Abolition commémorée à travers un panel d’activités couvrant la période du 19 au 23 août 2022. Le Bèlè est un ensemble de chants et danses d’expression, de lutte identitaire et de résistance, pour s’affranchir de l’oppression esclavagiste. Les organisateurs de l’événement de ce soir nous retracent ici la genèse et l’historique de ce rythme. Suivez donc.

Dans les îles coloniales et en Martinique en particulier, le Bèlè est une pratique de musique et de danse dont les origines remontent à la période esclavagiste.
En effet, dans les années 1670, de nombreux africains de pays et d’ethnies divers sont déportés en Martinique pour travailler dans les plantations. Interdits de communiquer dans leur langue et de pratiquer leur spiritualité, ces derniers ont eu recours au chant et à la danse pour s’affranchir, l’espace d’un instant, du joug des colons. Le chant et la danse sont pour eux le moyen de reprendre possession de leur être et de leur identité en vue d’échanger sur les conditions de travail et sur la vie de l’île…
A cette époque, danser et chanter le Bèlè était l’expression de se libérer d’un quotidien esclavagiste et post-esclavagiste.
Au fil du temps, le Bèlè est devenu le flambeau du nèg’marron qui, fuyant les plantations au Nord, se réfugiait au sud de l’île.
Après l’abolition de l’esclavage en 1848, le Bèlè devient alors un symbole de lutte identitaire et de résistance des descendants africains face à la tentative d’éradication de la culture noire en Martinique.
La culture Bèlè prend naissance après l’abolition de l’esclavage entre 1848 et 1860.

Les nouveaux hommes libres, voulant s’affranchir de toutes les influences extérieures, vont tout faire pour renouer avec leur racine culturelle.
Ils vont utiliser toutes les stratégies pour diffuser et transmettre certaines de leurs croyances.
En Martinique, le Bèlè revêt différentes formes et différents rythmes : du rapide au doux.
Le mot Bèlè proviendrait
de l’association de deux mots : “bel” et “air” . Selon d’autres théories, le mot Bèlè émanerait de certaines communautés d’Afrique et signifierait “ainsi va la vie” ou “prier” ou encore “l’art de soigner” ou “chemin de vie”.

Le Bèlè, ‘an manniè viv’, est un mode de vie ou une façon de vivre. Selon les anciens, “Douho Bèlè” qui signifie réjouissance à la récolte de l’igname est associé à la fertilité de la terre.
“Nous, en Martinique, pensons que le Bèlè est un des aspects fondamentaux du système culturel martiniquais” a déclaré un responsable du groupe Tanbou Bô Kannal qui vient à Ouidah lors de la JISTNA 2022 pour se ressourcer.

Romain, un déporté noir africain, en mai 1848, a célébré le “Bèlè grajé-manioc” considéré comme le gong qui a sonné la révolte.

Cell/ Com de CCOM23
Comité de Commémoration du 23 Août.

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