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Hong Kong: un animateur radio arrêté pour sédition

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Un animateur d’une radio internet a été arrêté dimanche en vertu d’une loi sur la sédition datant de l’ère coloniale britannique et que les autorités ont commencé à appliquer pour mettre fin à la dissidence.

Des agents du département en charge de la sécurité nationale ont arrêté Wan Yiu-sing, 52 ans, pour “intention séditieuse”, selon un communiqué de la police.

Les autorités n’ont pas révélé les propos tenus par M. Wan ni les actes qui tomberaient sous le coup de cette loi.

Connu sous le nom de DJ “Giggs”, il a animé des émissions consacrées aux manifestations pro-démocratie et lancé un appel aux dons pour soutenir les jeunes Hongkongais ayant fui vers Taïwan.

La loi hongkongaise invoquée est différente de la loi draconienne sur la sécurité nationale imposée en juin par Pékin pour mettre fin au mouvement de contestation. 

Elle avait été promulguée à l’époque où le territoire était une colonie britannique.

Elle était restée en vigueur après la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997 mais n’était pas utilisée dans le territoire, qui jouit de libertés politiques inconnues en Chine continentale. 

Après les immenses manifestations souvent violentes en faveur de la démocratie qui ont secoué Hong Kong en 2019, les procureurs ont ressorti cette loi. 

En septembre, elle avait été utilisée pour la première fois depuis 1997 contre un autre animateur radio et militant pro-démocratie, Tam Tak-chi. 

Actuellement en liberté sous caution, il attend son procès.

Les procureurs estiment que des slogans du mouvement pro-démocratie comme “Libérez Hong Kong”, “Démantelez les forces de police” sont séditieux.

Le procès de M. Tam donnera un aperçu de la manière dont la sédition s’inscrit dans le cadre des libertés d’expression prétendument garanties par la mini-constitution de Hong Kong et sa déclaration des droits.

La loi sur la sécurité nationale a entraîné un recul sans précédent des libertés dont jouissaient jusque-là les Hongkongais. 

Elle a mis fin aux manifestations et sa formulation très vague permet de poursuivre l’expression de certaines opinions, comme le fait de prôner l’indépendance de Hong Kong ou une plus grande autonomie.

M. Wan, déjà arrêté l’an passé pour avoir enfreint la loi sur la sécurité nationale, fait partie des plus de 100 militants arrêtés en vertu de ce nouveau texte.

A l’époque, le département en charge de la sécurité nationale au sein de la police avait déclaré qu’il soupçonnait M. Wan d’avoir utilisé illégalement des fonds pour soutenir des personnes ou des organisations prônant des activités sécessionnistes.

Il n’a pas encore été inculpé pour avoir violé la loi sur la sécurité nationale.

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