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Lagos: les échecs, porte de sortie des bidonvilles

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Et si le jeu d’échecs était un moyen de se sauver ? Dans la récente série Netflix “Le Jeu de la Dame”, une orpheline acquière son indépendance grâce à son incroyable talent de joueuse. En 2016, le film “Queen of Katwe” racontait l’histoire d’une fille qui échappe, grâce aux échecs, à la pauvreté de son bidonville kenyan.

Et si la fiction devenait réalité ? Dans un bidonville du Nigéria, à Lagos, une douzaine d’enfants intensément concentrés font bouger leurs pions sur des plateaux d’échecs imprimés sur des sets en plastic. Parmi eux, Omoyele Michel. Il a vu le film “Queen of Katwe”, et a retenu la leçon : “J’ai appris de ce film que quel que soit le milieu d’où l’on vient, on peut être un champion comparé aux autres qui viennent de familles riches.

Les échecs comme école de vie

Lui et les autres participent à une compétition de quartier, qui offre une récompense d’environ 100 dollars au total pour les gagnants. “Vivre ici, c’est difficile, poursuit-il, parfois on n’a pas de nourriture, parfois je dois travailler pour avoir à manger. En travaillant dur aux échecs, je peux gagner et je pense que je peux devenir un champion et devenir riche.

En travaillant dur aux échecs, je peux gagner et je pense que je peux devenir un champion et devenir riche.

Un œil attentif les observe : l’avocat Tunde Onakoya. Il a lancé la fondation “Chess in Slum Africa” (“Echecs dans les bidonvilles Afrique”) dans le quartier de Majidun, où il a grandi. Il veut enseigner aux enfants les stratégies du jeu d’échecs, pour qu’ils les utilisent ensuite dans la vie réelle, pour déployer tout leur potentiel.

Former des enfants assez curieux pour innover

La situation est grave au Nigéria : 13 millions d’enfants n’ont pas les moyens d’aller à l’école, explique-t-il Mais ce n’est pas la plus grande tragédie : il y en a des millions qui sont à l’école mais n’apprennent rien d’utile pour leur futur. C’est pour ça que nous enseignons les échecs. C’est un moyen de former une nouvelle génération d’intellectuels, d’enfants qui seront assez curieux pour tout questionner, assez curieux pour innover.

Il passe désormais son temps à jouer aux échecs, dans des ruelles bondées où se mêlent les odeurs de déchets brûlés et d’essence de générateurs. Il a récemment lancé ses cours d’échecs dans un autre bidonville, celui de Makoko, où il entraîne plus de 50 enfants.

Beaucoup de success stories

On a eu beaucoup de success stories, s’enthousiasme-t-il, et on espère pouvoir les répéter dans d’autres communautés, dans d’autres bidonvilles en Afrique. Chaque enfant mérite cette opportunité de se découvrir et de devenir aussi bons qu’ils le peuvent. A travers les échecs, on espère libérer leur potentiel, les sortir de la rue, les renvoyer à l’école, et les aider à mettre en place une nouvelle trajectoire de vie.

En décembre 2020, Omoyele a participé à un tournoi virtuel, avec des participants français, chinois, libanais, algériens et nigérians. Son équipe a dominé le classement.

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