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Le paludisme devient résistant au traitements en Afrique : les enfants particulièrement touchés

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Depuis quelques temps, les scientifiques observent une résistance du paludisme aux traitements en Afrique. Leurs craintes sont désormais confirmées par une première preuve clinique. Des mutations du parasite responsable de la maladie (Plasmodium falciparum- transmis par les moustiques) sont plus persistantes. 

Une étude réalisée au Rwanda

Cette étude a porté sur 224 enfants de 6 mois à 5 ans infestés par le parasite, dans trois villes du Rwanda: ils ont été traités pendant trois jours par l’association thérapeutique la plus courante (artéméther-luméfantrine) puis surveillés durant un mois avec des prélèvements sanguins hebdomadaires. 

Parmi les participants, environ 15% dans deux sites étudiés avaient encore des parasites détectables trois jours après le traitement. 

Une résistance à l’artémisinime

Les traitements à base d’artémisinine, combinée à un autre anti-paludéen (CTA/ACT), introduits au début des années 2000, sont actuellement les plus efficaces et les plus utilisés contre le paludisme.

La résistance aux médicaments est associée à des parasites porteurs de mutations d’un gène (pfk13). 

L’efficacité des médicaments reste élevée jusqu’à présent, mais une surveillance accrue au Rwanda et dans les pays voisins s’impose, avertit l’étude, publiée dans The Lancet Infectious Diseases.

Pas la première résistance

“Des données récentes suggèrent que nous sommes au bord d’une résistance à l’artémisinine cliniquement significative en Afrique, comme cela s’est produit en Asie du Sud-Est il y a plus de dix ans”, s’alarme dans le journal le professeur Philip Rosenthal (Université de Californie, San Francisco), qui n’a pas participé à l’étude.

La résistance à l’artémisinine a été identifiée pour la première fois au Cambodge en 2008. Dans la région du Mékong, une fois la résistance à l’artémisinine répandue, la résistance au médicament qui lui est associé a souvent suivi, entraînant l’échec du traitement combiné (CTA).

“L’émergence d’une résistance partielle à l’artémisinine en Afrique est un signal d’avertissement indiquant que l’efficacité des CTA pourrait être compromise si une résistance au médicament qui lui est associé émerge”, notent les chercheurs.

Les enfants sont les plus vulnérables

Le paludisme a fait plus de 400.000 morts dans le monde en 2019, dont deux tiers d’enfants de moins de cinq ans. L’écrasante majorité des cas (94% des 229 millions dans le monde) et des décès surviennent en Afrique, selon l’OMS. 

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