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Le procès du héros du film Hotel Rwanda, Paul Rusesabagina, s’ouvre aujourd’hui à Kigali

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Paul Rusesabagina est le personnage central du film Hotel Rwanda. Pendant le génocide, il s’occupe de la gestion de l’hôtel des Mille Collines à Kigali où 1268 personnes ont trouvé refuge face aux miliciens hutus. Après le génocide, ses relations se tendent avec le régime en place. En août dernier, il monte à bord d’un avion. Il pense se rendre au Burundi, mais l’avion atterrit à Kigali où il est arrêté pour terrorisme, meurtre et financement de rébellion. Son procès a démarré ce mercredi, pour être ajourné au 26 février.

Très critique envers le régime du président Paul Kagame, Paul Rusesabagina a quitté le Rwanda en 1996. Il obtient la nationalité belge en 1999 et travaille entre la Belgique et les États-Unis. L’été dernier, il répond à l’invitation d’un pasteur burundais qui lui promet une rencontre avec le nouveau président. Paul Rusesabagina prend un avion à Chicago, fait escale à Dubaï où il monte dans un jet privé qui devait le mener au Burundi. À sa sortie de l’avion, il ne se trouve pas à Bujumbura, mais bien à Kigali. Il est arrêté et attend depuis son procès.

Une enquête en Belgique

En 2019, le Rwanda demande l’extradition de Paul Rusesabagina accusé de terrorisme. La Belgique refuse d’extrader ses ressortissants (l’homme n’aurait plus la nationalité rwandaise selon son avocat belge), mais ouvre un dossier sur base des motifs évoqués par le Rwanda. 

Les étapes légales sont respectées. Le dossier passe par les Affaires étrangères rwandaises, puis par les Affaires étrangères belges qui transmettent ensuite au SPF Justice. Finalement, le dossier arrive sur le bureau du parquet fédéral. Une perquisition est réalisée au domicile de Paul Rusesabagina avec un juge d’instruction belge et deux agents de la police fédérale.

Comme le veut la procédure, les résultats de cette perquisition sont ensuite donnés au Rwanda.

Un procès pour terrorisme

Un dossier est donc ouvert en Belgique. Mais entre-temps, Paul Rusesabagina n’est plus sur le territoire belge. Les autorités rwandaises ont laissé entendre qu’il avait été dupé, tout en refusant de parler de kidnapping. Utiliser la ruse pour attirer une personne recherchée par la police n’est d’ailleurs pas si rare. Les États-Unis et le FBI y ont déjà eu recours. 

À ce propos, l’avocat belge de Paul Rusesabagina, Me Vincent Lurquin, ne mâche pas ses mots : “Comment peut-on accepter qu’un ressortissant belge soit enlevé ?”. Et d’ajouter : “On n’a rien obtenu de l’aide consulaire. La Belgique ne fait que chuchoter dans ce dossier”.

Le procès, reporté une première fois à cause du confinement, doit démarrer aujourd’hui. Mais en l’absence des avocats belge, canadien et américain. Me Lurquin, resté en Belgique, estime que ce procès viole le droit international. Ses confrères rwandais vont d’ailleurs soulever ces irrégularités à l’audience.

Quant à l’enquête entamée en Belgique, le juge d’instruction pourrait, par exemple, attendre l’issue du procès au Rwanda avant de mener plus en avant son instruction. Un même dossier ne pouvant être jugé deux fois.

Des médicaments

Du côté du cabinet de Sophie Wilmès, ministre des Affaires Étrangères, on plaide pour un procès équitable, un accès aux médicaments et un suivi médical à distance.

À 66 ans, Paul Rusesabagina souffre de problème d’hypertension. Son avocat, Me Lurquin, espère que ses médicaments lui seront enfin transmis. Mais a peu d’espoir sur l’avenir de son client : “S’il est condamné, il finira sa vie en prison”.

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