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Les Algériens appelés aux urnes pour un référendum sur une révision de la Constitution

Pour ou contre une révision de la Constitution ? Près de 25 millions d’électeurs sont appelés à se prononcer, dimanche 1er novembre, sur une révision constitutionnelle censée fonder une “Nouvelle République”, proposée par le président Abdelmadjid Tebboune, et répondre aux aspirations du Hirak.

Près de 25 millions d’Algériens sont appelés, dimanche 1er novembre, à entériner une réforme constitutionnelle qui vise à tourner la page du mouvement de protestation populaire “Hirak”, en l’absence de l’initiateur de ce référendum, le président Abdelmadjid Tebboune, hospitalisé à l’étranger. 

Le chef de l’État, âgé de 74 ans, a été transféré dans la plus grande discrétion mercredi en Allemagne pour des “examens médicaux approfondis” après l’annonce de cas suspects de la maladie de Covid-19 dans son entourage. Son état est “stable et non préoccupant”, selon la présidence qui n’a donné aucun autre détail. 

Dans un message relayé samedi soir par l’agence officielle APS, Abdelmadjid Tebboune a assuré que “le peuple algérien sera, une fois encore, au rendez-vous avec l’histoire pour opérer le changement escompté à travers le référendum sur l’amendement constitutionnel en vue d’instituer une nouvelle ère à même de réaliser les espoirs de la nation et les aspirations du peuple à un État fort, moderne et démocratique”. 

“Un plébiscite césariste” 

La date du référendum n’a pas été choisie par hasard : le 1er novembre marque l’anniversaire du début de la Guerre d’indépendance contre la puissance coloniale française (1954-1962). 

Les bureaux de vote ouvrent de 08H00 locales (07H00 GMT) à 19H00 locales (18H00 GMT). 

Le seul enjeu est le taux de participation, la victoire du “oui” ne faisant guère de doute tant la campagne électorale, qui a laissé la population largement indifférente, a été à sens unique. Les partisans du “non” n’ont pas pu tenir de meetings. 

Lors de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, il s’était établi à 39,93 %, soit le taux le plus faible de toutes les présidentielles pluralistes de l’histoire de l’Algérie. 

“C’est un référendum issu du haut, un plébiscite césariste”, estime Massensen Cherbi, docteur en droit de l’Université Paris II Panthéon-Assas.  

Dès son investiture, le président Tebboune a fait de la révision de la Constitution son projet phare et a tendu la main aux manifestants du Hirak . 

Les protestataires ont rejeté “sur le fond et la forme” une initiative perçue comme un “changement de façade” et prônent le boycott du référendum. 

Né en février 2019 d’un immense ras-le-bol des Algériens opposés à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, le Hirak réclame le “démantèlement du système” en place depuis 1962. M. Bouteflika a été poussé à la démission en avril 2019 mais le système est toujours là. 

De fait, la nouvelle Constitution, tout en mettant en avant une série de droits et libertés, n’offre pas de changement politique majeur : elle maintient l’essentiel du régime présidentiel et élargit même les prérogatives de l’armée. 

“Rien n’a changé, on reste dans un régime ultra présidentialiste”, constate le constitutionnaliste Massensen Cherbi. 

“Répression implacable” 

Durant la campagne électorale, les tenant du “oui”, soit les membres du gouvernement, les partis de l’ancienne coalition au pouvoir qui soutenait M. Bouteflika et les médias publics, ont martelé que le projet posait les fondements d’une “Algérie nouvelle”. 

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, estime que le peuple se dirigera “en masse” vers les urnes pour poser “une nouvelle pierre dans le processus d’édification nationale et mettre en échec les manœuvres des ennemis de l’Algérie”.  

Vingt mois après le déclenchement du Hirak, le scrutin constitue un défi pour un mouvement affaibli par une campagne de répression qualifiée d'”implacable” par Amnesty International, et par l’interruption forcée des manifestations à la mi-mars en raison de la crise sanitaire du coronavirus. 

Quelque 90 personnes (activistes, blogueurs, journalistes) sont derrière les barreaux pour des faits liés à la contestation, la plupart pour des publications sur Facebook, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). 

Avec AFP

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