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Putsch au Burkina-Faso : « seule une CEDEAO des peuples sauvera désormais la région », selon Simon-Narcisse Tomety

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Le putsch perpétré au Burkina-Faso dans la nuit du 23 au 24 janvier 2022 n’a pas laissé le Professeur Simon-Narcisse Tomety indifférent. Au-delà de la gourmandise de la classe politique qui serait selon lui la cause principale de cette instabilité de plus en plus récurrente en Afrique de l’Ouest, l’universitaire pointe du doigt l’échec cuisant de la CEDEAO et l’invite à revoir ses cartes. Il écrit à cet effet un essai sur le retour des militaires au pouvoir que nous vous proposons de lire.

Les civils ont échoué et les terroristes frappent : essai sur le retour des militaires au pouvoir à juste titre

Une CEDEAO éclopée gravement minée en son sein par la tolérance des coups d’État constitutionnels savamment perpétrés par les politiciens charognards et dictateurs incitant les soldats à restaurer les coups d’État militaires pour mettre fin aux abus de pouvoirs et de biens sociaux qui ont tué l’expérience démocratique naissante débutée dans les années 90.

Notre seul regret, c’est le président le plus aimable de la CEDEAO et le plus attaché à l’héritage du consommons local de Thomas Sankara qui est déposé le 23 janvier 2022. Un coup d’État acceptable et salué par le peuple. C’est aussi l’échec des intellectuels civils traîtres et égoïstes.

Un nouveau sommet du syndicat des chefs d’État doit se réunir rapidement comme ils ont su le faire à Accra maladroitement en méconnaissance des textes le 09 janvier 2022 par un blocus cynique intégral du Mali : fermer les frontières, bloquer les avoirs à la BCEAO, asphyxier le peuple malien par la vie chère.
La CEDEAO désavouée et décrédibilisée à jamais. Seule une CEDEAO des peuples sauvera désormais la région.

C’est la gourmandise de la classe politique de connivence avec certains hommes d’affaires qui fait prospérer la misère, les exclusions, les exilés, les déplacés internes par centaines de milliers sans compter les injustices dans les tribunaux. Les décisions calamiteuses ne sont pas parvenues à mettre fin aux coups d’État militaires.

Les militaires n’ont plus droit à l’erreur. Il faut urgemment auditer tous les marchés publics et les appareils judiciaires y compris l’enrichissement des hauts gradés pour mettre fin aux pillages des deniers et des monopoles politiques, économiques savamment organisés avec une stratégie d’insémination de la peur dans la conscience des peuples.

La CEDEAO est fragilisée par son excès de zèle pour protéger et défendre les dictateurs de coups d’État constitutionnels.

Simon-Narcisse Tomety

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