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Lutte antiterroriste: les moyens efficaces selon Nadia Nata

  • janvier 31, 2024
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Lutte antiterroriste: les moyens efficaces selon Nadia Nata

Pour la lutte antiterroriste, Nadia Nata propose aux gouvernements de faire preuve de développement équilibré et de cohésion sociale. Car selon la consultante en gouvernance et sécurité, ce sont dans les zones les plus éloignées des capitales et les plus enclavées que l’insécurité djihadiste ou terroriste a lieu. Elle recommande aux gouvernants des pays menacés par le terrorisme et le djihadisme de s’atteler au développement socio-économique de leur pays et des zones concernées. Lisez plutôt 👇

Développement équilibré et cohésion sociale pour lutter contre le terrorisme La plupart des zones à forte insécurité djihadiste ou terroriste sur le continent africain, sont souvent les plus éloignées des capitales et les plus enclavées. Ces régions faiblement développées à tout point de vue : éducation, santé, infrastructures, services publics, emplois entre autres sont par conséquent les plus vulnérables aux discours et menaces djihadistes.Elles n’échappent pas non plus à certains égards à l’instrumentalisation politique. Elles ne sont certainement pas les seules zones “insuffisamment” développées des pays concernés. D’autres zones, parfois relativement proches de la capitale, souffrent dans une certaine mesure des mêmes maux. Dans une certaine mesure, car ce n’est pas souvent à la même intensité et sur presque tous les plans ou secteurs. Le degré de dénuement et de vulnérabilité n’est pas non plus souvent le même. Une cartographie des niveaux de développement par secteur et de l’indice de développement humain peut facilement donner une idée du « déséquilibre » du développement d’un pays selon les zones et les régions.L’instrumentalisation des inégalités est une technique souvent utilisée par les groupes djihadistes. Ces derniers utilisent la frustration et le sentiment d’abandon ressentis par les populations concernées envers leurs dirigeants pour les retourner contre un État qu’elles jugent peu impliqué dans leur vie quotidienne.L’implantation d’une usine, d’un hôpital régional de référence, d’universités ou de pôles emplois peut considérablement changer la donne. Il est important de souligner le rôle puissant et transformateur de l’éducation. Une étude récente[1] a en effet montré que, « l’éducation contribue à réduire la probabilité de conflits en favorisant la pensée critique, en encourageant un dialogue constructif et en créant des opportunités économiques ».Par conséquent pour un État, il y a parfois des décisions qui relèvent plus de la cohésion sociale et de la consolidation de la paix. Dans ce genre de situation, la logique qui prime n’est pas la rentabilité ou les agrégats économiques purs et durs, mais plutôt le développement social, la paix et la stabilité. Les gouvernants menacés par le terrorisme et le djihadisme devraient plus s’atteler à favoriser le développement socio-économique du pays et plus particulièrement des zones concernées. Il serait dommage que les symboles de fierté nationale soient également des sources de frustration accrue pour les franges de populations qui se sentent exclues, voire provoquées par des projets qui satisfont principalement l’élite, mais qui ne prennent pas en compte les besoins primaires des plus nécessiteux.Des études notamment du PNUD ont montré que les principales causes de ralliement aux mouvements terroristes sont économiques et liées à des questions de survie. Mais les frustrations communautaires, ou ethniques ne devraient pas être exclues dans certains contextes. C’est notamment le cas dans des pays qui n’admettent pas les rivalités et tensions ethniques ou régionalistes ou intra/inter-communautaires. Le simple fait qu’il ne soit pas politiquement correct d’en parler publiquement ou de les admettre favorise d’autant plus leur instrumentalisation. Cette hypocrisie entretenue autour de l’appartenance ethnique nourrit également des discours “pervers” qui contribuent à la déstabilisation. Reconnaître les particularités régionales et ethniques, tout en en faisant des motifs de fierté sans remettre en cause l’appartenance nationale, peut aider à trouver des solutions communes et saines aux points de divergence. Les différences ethniques ou régionales sont avant tout des sources de richesses notamment culturelles et sociales et doivent informer les politiques de développement. Toutefois, les incompréhensions, divergences ou rivalités entre divers groupes sont également parfois sources de frustration et par conséquent d’instrumentalisation. Il serait temps et bénéfique de crever certains abcès et de mettre un terme à une certaine hypocrisie bien malsaine pour la cohésion sociale, mais également pour la paix et la sécurité.

Nadia Nata

Institute for Economics & Peace (IEP)

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Samuel HOUNDJO

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