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Nigeria: la justice ordonne la libération sous caution des manifestants d’Abuja

Un tribunal nigérian a ordonné mercredi la libération sous caution de six jeunes manifestants arrêtés la semaine dernière à Abuja, la capitale fédérale, dans l’attente de leur procès prévu à la fin du mois de janvier.

“La caution des six accusés s’élève à 50.000 nairas pour chacun -environ 100 euros- (…) et ils seront libérés”, a déclaré le juge Abdulrazak Eneye. 

Cette libération intervient après un premier refus de libération sous caution, samedi, qui avait fortement ému l’opinion publique nigériane après la diffusion d’une vidéo de la photojournaliste Tosin Adeniji, où elle expliquait être envoyée en prison jusqu’à la date de son procès fixé au 25 janvier 2021. 

Quatre personnes avaient été arrêtées vendredi lors de la dispersion violente d’un rassemblement pacifique de quelques dizaines de personnes devant l’Assemblée Nationale, et deux autres personnes ont ensuite été arrêtées à Abuja pour leur participation à ces manifestations. 

Le mouvement #endSARS contre les violences policières a secoué le Nigeria tout au long du mois d’octobre et dégénéré en émeutes contre le pouvoir, impitoyablement réprimées par les forces de l’ordre.  

Les six accusés n’avaient pas eu accès à leur avocat avant leur première apparition devant le tribunal, a assuré le jeune photographe Tosin Adeniji dans sa vidéo publiée sur les réseaux sociaux, et ont été conduits dans un centre de détention de Mina, dans l’Etat du Niger (centre du Nigeria).  

“Nous allons pouvoir commencer à préparer leur défense pour le mois de janvier”, s’est réjoui mercredi Me Tope Akinyode, avocat des manifestants.

Eromosele Adene a également été arrêté samedi à son domicile à Lagos pour sa participation au mouvement #endSARS et transféré à Abuja “sans mandat judiciaire”, a fait savoir son avocat Mbasekei Obono.

La banque centrale du Nigeria a procédé au gel des comptes bancaires pour une période de 90 jours d’une vingtaine d’organisateurs du mouvement, qui proposaient des aides légales ou médicales pour les manifestants arrêtés ou blessés. 

Amnesty International y a dénombré au moins 56 morts dans tout le pays au cours du mois d’octobre, mais c’est une fusillade à Lagos, au péage de Lekki, épicentre de la contestation à Lagos qui avait provoqué une onde de choc.

Des militaires avaient tiré sur un millier de manifestants, en tuant au moins 10 d’entre eux, selon l’ONG.

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