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Rançonnement et corruption transfrontalière: des pratiques modernisées selon l’ONG Bénin Diaspora Assistance

  • février 19, 2024
  • 4 min read
Rançonnement et corruption transfrontalière: des pratiques modernisées selon l’ONG Bénin Diaspora Assistance

Dans un rapport publié dans ce mois de février 2024, l’ONG Bénin Diaspora Assistance démontre que le rançonnement et la corruption transfrontalière ont été modernisés dans l’espace CEDEAO. Il s’agit d’un rapport de dix chapitres qui rend compte des diverses missions de l’ONG à travers le monde. Le rançonnement et la corruption transfrontalière ont occupé le premier chapitre de ce rapport de l’ONG Bénin Diaspora Assistance. Des pratiques modernisées de 2023 à ce jour après avoir dénoncé la corruption transfrontalière par l’ONG Bénin Diaspora Assistance. Dans un bus de Lagos au Nigéria à Lomé au Togo , la délégation de l’ONG Bénin Diaspora Assistance a été contrôlée trois fois au Nigéria où les policiers nigérians ont demandé une somme de 2000 FCFA par personne après avoir contrôlé le véhicule. Au Bénin, un seul contrôle routier a eu lieu où les documents de circulation des véhicules, le permis de conduire, l’assurance et la visite technique ont été vérifiés. L’ONG a mentionné dans son rapport qu’aucune somme n’a été payée sur le territoire béninois. Par contre, à la frontière d’Aflao en allant au Ghana, les policiers togolais ont exigé des porteurs de passeports maliens, ivoiriens et béninois de la délégation, le paiement de cinq mille (5000f) avant que les passeports ne soient estampillés du cachet de sortie. ‹‹ Nous avons alors exigé d’avoir une copie des traités de la CEDEAO qui stipulent qu’un Béninois, Malien, Ivoirien doivent payer une telle somme avant d’obtenir le cachet de sortie dans le passeport››, a demandé la délégation aux agents de la police togolaise. Ces derniers ont rendu les passeports sans le cachet de sortie du territoire probablement dans l’intention que les autorités ghanéennes nous refoulent à leur retour a fait savoir la délégation.

Du côté ghanéen, les policiers ont constaté qu’un membre de la délégation de l’ONG Bénin Diaspora Assistance, de la mission de l’année précédente, avait son cachet d’entrée mais pas celui de sortie. Cette situation résulte du fait qu’à Accra, la délégation a voulu changer de méthode en utilisant les cartes d’identité de la CEDEAO pour voir si elles seraient acceptées. La délégation a donc contacté un haut responsable de la police ghanéenne à qui les différentes méthodes de contrôle de l’année précédente mises en place par l’ONG ont été expliquées. ‹‹ Après ces explications, il nous a retiré le passeport en question et, en moins de 5 minutes, a inscrit une fausse date de sortie inventée. À noter que notre délégation n’était cependant plus sur le continent africain à cette date. Cet acte constitue un faux en écriture administrative et policière››, a mentionné le rapport. L’ONG ajoute que face à ce faux en écriture administrative et policière dont l’un de nos membres a bénéficié, notre ONG a conclu que « la justice ne devrait plus se servir de tels documents, car ils ne reflètent pas la réalité en tout temps. Ces documents peuvent donc être délivrés avec des fausses dates données pouvant être utilisées à des fins de défense dans un dossier d’affaires criminelles ou délictueuses surtout qu’à cette date inventée, notre délégation n’était plus sur le continent africain››. La délégation a ensuite noté la modernisation de la corruption dans la poursuite de sa tournée car le transport normalement facturé à vingt mille francs CFA pour le trajet Lomé-Abidjan est passé à trente-cinq mille au départ de Lomé soit une augmentation de quinze mille que perçoit chaque chauffeur pour la corruption transfrontalière par voyageur. La deuxième source de corruption réside dans la mise à jour du carnet de vaccination où l’on soutire 1000 FCFA à chaque voyageur. Un schéma qui s’est répété de Noé à Elibo, puis à Bonoua, pour finir à Abidjan. L’ONG Bénin Diaspora Assistance a donc recommandé aux juridictions de ne plus accorder de crédit aux documents sous régionaux de police sans la présence d’un document contradictoire pouvant servir à l’usage d’une quelconque décision de justice.

Casimir Enagnon OKE

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Samuel HOUNDJO

3 Commentaires

  • Hummmm! Cette situation ne date de maintenant et pourtant on nous parle de la libre circulation des personnes à travers l’espace Cedeao. Je me demande pourquoi les autorités ne prennent pas le problème à bras le corps? Tout ceci discrédite l’institution.

  • Hummmm! Cette situation ne date de maintenant et pourtant on nous parle de la libre circulation des personnes à travers l’espace Cedeao. Je me demande pourquoi les autorités ne prennent pas le problème à bras le corps? Tout ceci discrédite l’institution.
    Nous espérons que les autorités à Abuja profiteront de la tourmente actuelle de l’institution pour faire quelque chose.

  • Veuillez vous intéresser à la situation au Niger également. Je suis secrétaire administrative dans une institution internationale entre le Bénin, le Niger et le Nigeria, dont le siège est implanté à Gaya, au Niger. Ma famille étant au Bénin, je suis obligée de traverser le fleuve deux weekend sur 4 pour aller voir mes enfants.

    À chaque retour de pays, les policiers du Niger exigent la somme de 2000fcfa sinon ils menacent de me renvoyer dans mon pays. Pourtant je ne suis pas une criminelle. Il faut négocier rudement parfois pour qu’ils prennent 1000, sous prétexte que je suis Béninoise. La raison est aussi simple que ça : je suis Béninoise. Plusieurs fois j’ai été obligée d’appeler les collègues de service qui sont des nigériens pour qu’ils viennent intervenir avant que je puisse aller au boulot. Le weekend dernier, j’étais sur le point de retourner au Bénin avec mes 1000fcfa quand le policier m’a rappelée soi-disant qu’il a pitié de moi et que je peux passer.

    Aujourd’hui lundi, du retour de Malanville (Bénin), la même Scène se reproduit. Aussitôt que le policier a vu 1000fcfa dans ma main, sa physionomie a changé et il était prêt à me frapper. Il m’a dit de retourner dans mon pays. Et quand j’ai dit qu’il fallait que j’appelle mes collègues pour le leur signaler, il a dit qu’il va me frapper et que rien n’allait se passer. J’ai été traînée à la limite de force par un zém qu’il a appelé pour me ramener à la pirogue. Il a dit que le Niger n’est plus dans la CEDEAO donc de repartir et que j’étais sur son territoire ! Ah, ainsi, le Niger n’étant plus dans la CEDEAO, il faut maltraiter les ressortissants des autres pays ? Les Nigériens ne sont-ils donc pas au Bénin ? Comme le Niger n’est plus dans la CEDEAO, Nigériens peuvent aussi subir des exactions au Bénin, c’est ce qu’on peut e déduire ?

    Néanmoins j’ai appelé mes collègues qui sont venus intervenir et comme je pouvais m’en douter, la version qu’il a donnée était tout autre, de sorte faire croire que je lui a manqué de respect.

    Ce que les Béninois subissent du côté du Niger avant de rentrer dans le pays, c’est frustrant. Pourtant les nigériens passent en plus grand nombre du Niger au Bénin tous les jours.

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