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Soudan: un accord de paix historique signé entre le gouvernement et des rebelles

Ecrit par Sur 3 octobre 2020

Le gouvernement soudanais et des chefs rebelles ont signé, ce samedi 3 octobre, à Juba au Soudan du Sud, un accord de paix qui doit mettre fin à 17 ans d’une guerre meurtrière. 

Cet accord historique est la suite formelle des avancées réalisées en août dernier. Les deux parties s’étaient déjà mises d’accord sur les principaux points de cet accord historique. Chacune avait mis ses initiales sur le document, puis les négociations s’étaient poursuivies jusqu’à la signature formelle qui a eu lieu à la mi-journée ce samedi.

Le texte d’août prévoyait une transition de trois ans pour mettre en place un partage du pouvoir. Le Sudan Revolutionary Front (SFR), une coalition de groupes rebelles actifs dans diverses régions du pays, devait d’ailleurs obtenir des postes au niveau national : Conseil souverain, gouvernement, conseil législatif… Une grande conférence sur les divisions administratives et leurs compétences était prévue dans les soixante jours.

Ensuite, chaque mouvement devait obtenir des concessions du pouvoir, dans sa région d’origine. Au Darfour, par exemple, les rebelles devaient décrocher des postes locaux ainsi que former une force conjointe de 12 000 hommes avec l’armée officielle. Pareil pour le Sud Kordofan et le Nil-Bleu, où le SPLM-Nord (Mouvement populaire de libération du Soudan) de Malik Agar avait négocié une autonomie de la zone, l’obtention de postes au gouvernorat et dans les organes administratifs.

Deux groupes rebelles n’ont pas signé

Toutefois, cet accord ne veut pas forcément dire que le Soudan va être entièrement pacifié. En effet, deux groupes rebelles ne l’ont pas signé : Le SPLM, dirigé par Abdelaziz el-Helou, qui est présent dans les Monts Nouba et au Nil-Bleu et le SLM (Armée de libération du Soudan) d’Abdel Wahid Nur, qui lui, opère au Darfour.

Ils ont des positions un peu plus radicales et ils contestent souvent la médiation du pouvoir. Il y a quand même un dialogue engagé de façon séparée. Le 3 septembre, Khartoum et la faction el-Helou avait, par exemple, signé un accord prévoyant une cessation des hostilités. Les deux parties se sont même rencontrées aujourd’hui à Juba, là où l’on vient de signer l’accord. Elles ont dit qu’il fallait achever le processus de paix et reprendre le dialogue.

L’absence de ces signatures pourrait fragiliser l’accord signé car ce sont deux groupes puissants qui sont les seuls à contrôler certaines parties du territoire soudanais. El-Helou, par exemple, veut un État séculaire qui ne fasse pas les lois sur la religion, mais aussi un droit à l’autodétermination du Sud.

Abdel Wahid Nur, lui, ne veut pas négocier tant que la sécurité et la stabilité du Darfour ne sont pas restaurées. D’ailleurs, le groupe continue d’affronter régulièrement les forces de sécurité.

Avec RFI


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