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Tchad: le gouvernement interdit de nouvelles manifestations de l’opposition

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Le gouvernement tchadien a une nouvelle fois interdit vendredi des manifestations de l’opposition ce week-end pour réclamer l’alternance, à deux mois de la présidentielle dont le grand favori est Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans.

Le 6 février, jour de l’investiture de M. Deby par son parti comme candidat à un sixième mandat, au moins 14 militants et cadres de l’opposition avaient été arrêtés lors de défilés similaires. Douze ont été condamnés vendredi soir à trois mois de prison avec sursis pour avoir bravé l’interdiction de manifester, les deux autres relaxés, a constaté un journaliste de l’AFP.

Plusieurs associations de la société civile et partis de l’opposition ont appelé à nouveau à des “marches et sit-in” à partir de samedi à N’Djamena et en province. 

Ces rassemblements “sont strictement interdits” car “susceptibles d’occasionner des troubles à l’ordre public”, a annoncé vendredi le ministre de la Justice, Djimet Arabi, dans un arrêté.

Plusieurs partis d’opposition, notamment celui dirigé par l’opposant “historique” à M. Déby, Saleh Kebzabo, arrivé deuxième à la présidentielle de 2016, ont appelé à se joindre aux marches.

Le jeune leader du parti Les Transformateurs, Succès Masra, également l’un des opposants les plus virulents au régime, a lui aussi appelé ses sympathisants à se joindre au mouvement. Il avait dû se réfugier le 6 février sur le parvis de l’ambassade des Etats-Unis pour échapper aux policiers.

Vendredi soir, six jours après, “il a quitté l’enceinte de l’ambassade”, a assuré à l’AFP une responsable de la représentation américaine.

L’ambassade lui avait demandé jeudi de quitter les lieux, ajoutant avoir “reçu l’assurance du gouvernement tchadien que le Dr Masra ne serait pas arrêté s’il quittait l’ambassade et qu’il serait autorisé à rentrer chez lui sans entrave”.

Les interdictions “depuis trois mois” par les autorités de manifestations “sur le territoire entier (…) sont des restrictions non nécessaires et disproportionnées du droit à la liberté de réunion pacifique”, a estimé mardi dans un communiqué Amnesty International, dénonçant également des “arrestations arbitraires”. 

“Tout cela confirme un rétrécissement de l’espace civique au Tchad à l’approche des élections”, a ajouté l’organisation de défense des droits de l’Homme.

La présidentielle aura lieu le 11 avril et les élections législatives, maintes fois repoussées depuis cinq ans, ont été fixées au 24 octobre 2021.

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