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« Jérôme Carlos une perle rare » selon Rufin B. Godjo

  • janvier 30, 2024
  • 5 min read
« Jérôme Carlos une perle rare » selon Rufin B. Godjo

L’Expert électoral , Rufin B. Godjo rend hommage à Jérôme Carlos. C’est dans le cadre de l’initiative 30 jours d’hommage à Jérôme Carlos. Lisez l’intégralité de son hommage

J’ai connu le Doyen Carlos dans le cadre de mes fonctions de Chargé de Programmes à la Friedrich-Ebert-Stiftung. J’avais sollicité son expertise pour une formation à l’intention des journalistes de l’Observatoire de la Déontologie et de l’Éthique dans les Médias (ODEM). A la vérité, les compétences pour aborder cette thématique ne manquaient pas dans le pays. Mais obtenir que Jérôme Carlos le fasse, c’était offrir à l’activité une garantie de grande qualité. Il assurait une plus-value certaine dont lui seul avait le secret. Il avait un leadership affirmé et obtenir sa disponibilité était considéré comme une grande conquête.
A l’époque, deux des organisations faitières des médias étaient dirigées par des amis, en l’occurrence Wilfrid ADOUN, Président de l’Union des Professionnels des Médiais du Bénin (UPMB) et François AWOUDO, Président l’Observatoire de la Déontologie et de l’Éthique dans les Médiais (OMEM). Du fait de la proximité et de la complicité que ces deux responsables entretenaient avec le Doyen Carlos, notre relation s’est intensifiée au point où je lui rendais régulièrement visite au bureau. Chaque rencontre avec le Doyen était un moment de partage, d’apprentissage, de découverte, bref, une cure de jouvence. Soit, tu découvres un pan déterminant de l’histoire de notre pays qu’il maitrisait parfaitement, dates à l’appui, soit il t’aidait à rectifier ta perception d’un sujet, ou il te faisait rire à te tordre les viscères.
Le Doyen Carlos était extraordinairement cultivé et fourmillait d’idées novatrices. J’aimais particulièrement son côté boutentrain et taquin.
Je me rappelle cet après-midi où à quatre dans mon bureau, Wilfrid, François, le Doyen et moi devrions trouver un titre accrocheur pour un livre sur la corruption soutenu par la Friedrich-Ebert-Ebert. Un ouvrage osé dont Wilfrid et François sont les auteurs. Nous faisions ensemble le brainstorming et accouchions d’une multitude de titres. Mais de toute évidence, aucune de nos propositions n’étaient du goût du Doyen. Soudain, comme s’il avait une inspiration lumineuse, il nous lance d’autorité : ‘’voici le titre du livre : ‘’Bénin, une démocratie prisonnière de la corruption ! ’’ Le débat était clos. Ce livre phare fit très grand bruit au Bénin, en Afrique et bien au-delà.
Entre temps, deux amis très proches du Doyen étaient en froid, mais il ne le savait pas. Mes tentatives pour concilier les positions et ramener l’harmonie étaient restées vaines tellement les positions étaient tranchées. Un jour, j’étais allé informer le Doyen Carlos de cette situation. ‘’Non, cette affaire n’existe pas‘’ m’a-t-il retorqué et j’avais insisté pour lui dire que c’était bien réel. Sur le champ, il appela l’un des protagonistes. Ce dernier a confirmé la situation de crise. Visiblement abattu par ce fait ; il fixe l’horizon quelques secondes et me dit ; ‘’Tonton Godjo, cette affaire sera conjuguée au passé, compte sur moi’’, ce qui fut fait sans tarder.
Lorsqu’en novembre 2014, je quittais la Fondation Friedrich Ebert, je reçu un coup de fil du Doyen Carlos ; il avait une voix très grave teintée d’inquiétude et voulait comprendre ce qu’il s’était passé ; je l’avais rassuré en lui expliquant qu’il n’y avait rien d’inquiétant et que je quittais la FES pour la Commission Électorale Nationale Autonome. Je suis rassuré avait-il conclu d’un ton apaisé. C’était un homme très prévenant et particulièrement attachant.
Par la suite, du fait des contraintes liées à mes occupations professionnelles, on s’est presque perdu de vue. C’est alors que Wilfrid me confia un jour de 2022 que le Doyen était souffrant et qu’il serait gentil qu’on lui rende visite. Cette visite fut effectivement organisée à son domicile à Avakpa.
Pendant presqu’une journée en sa compagnie, j’avais découvert son amour pour l’art. Nous projetions de mettre en place une structure d’appui à la gouvernance et aux élections et nous lui en avions parlé. C’est à croire qu’il était à la base de cette idée ou qu’il était partie prenante à cette initiative. Il nous a prodigué un paquet de conseils en nous suggérant de créer des médias en ligne pour diffuser nos idées et dupliquer nos actions. Ensuite, il nous avait convié dans son jardin, un coin reposant, intime où il nous a entretenu sur la vertu des plantes. Une autre école, un moment exquis. C’est de bonne grâce qu’il laissa Wilfrid nous photographier au moment de nous séparer.
Si le créateur avait prévu un endroit spécial pour les hommes constants, généreux, justes et bons, ce serait le paradis des immortels. Je crois que le Doyen Carlos y prendrait une place de choix et personne n’aurait rien à y redire.
Son départ créé un grand vide, impossible à combler, parce qu’il était unique en son genre. Paix sur lui et vivement qu’il fasse des émules.

Rufin B. Godjo
Expert Électoral

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Samuel HOUNDJO

1 Commentaire

  • Très beau témoignage de Rufin Gbodjo sur le doyen Carlos

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