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Présidentielle en Guinée: cinq millions d’électeurs appelés aux urnes

Ecrit par Sur 18 octobre 2020

Douze candidats sont en lice, dont le président sortant Alpha Condé, qui brigue un troisième mandat contesté, et son principal opposant Cellou Dalein Diallo. Les éléments clés de ce scrutin.

Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche matin. À Conakry, où nos correspondants Carol Valade et Mouctar Bah suivent le déroulement du scrutin, comme à Kankan, le fief d’Alpha Condé, où se trouve notre envoyée spéciale Bineta Diagne, certains bureaux de vote ont ouvert à l’heure, d’autres avec un peu de retard, et même certains avec un peu d’avance. Ils doivent fermer ce soir à 18h.

Trois heures après l’ouverture des bureaux de vote, dans plusieurs quartiers du centre-ville et de la proche banlieue de la capitale, Conakry, l’affluence semble être relativement forte, notamment dans cette école primaire de Coléah où la cour était pleine de monde, lavage des mains obligatoire à l’entrée mais pas vraiment de distance entre les électeurs.

Certains bureaux ont ouvert avec une heure d’avance et d’autres avec un peu de retard, selon nos informations. « Je vote pour le changement, pour l’alternance » nous confie un habitant de Camayenne, tandis qu’un autre, lunettes de soleil sur le nez, disait lui préférer la continuité, la stabilité.

Vers le quartier de Hamdalaye, en banlieue, quelques coups de feu ont été entendus très brièvement mais le calme est revenu à l’heure actuelle.

Engouement à Kankan

Dès le matin, on sentait déjà un certain engoument avec de l’affluence devant les lieux de vote dans la capitale mais aussi dans cette région de Haute-Guinée, première, en termes de nombre d’électeurs.

Même si le vote se déroule sur toute l’étendue du territoire national, les Guinéens de la diaspora seront nombreux eux à ne pas pouvoir s’exprimer. Ils voteront dans seulement onze ambassades et consulats en Afrique, selon une source à la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Ce ne sera pas le cas au Sénégal ou encore en Angola, deux pays où résident nombre de ressortissants guinéens.

L’alternance ou un troisième mandat pour Alpha Condé ?

Le principal enjeu de cette élection, c’est la reconduction d’Alpha Condé pour un troisième mandat, ou l’alternance à la tête du pays. Cette bataille, le chef de l’État, qui a fait modifier la Constitution lors d’un référendum controversé pour pouvoir se représenter, espère l’emporter dès le premier tour, par un nouveau « coup KO », comme il l’avait théorisé en 2015.

Il aura face à lui onze autres candidats, dont Cellou Dalein Diallo de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), son adversaire pour la troisième fois, qui a fait campagne sur ce slogan : « Il est l’heure ».

Viennent ensuite, pour les plus connus, Ousmane Kaba du PADES, Ousmane Doré, Kabélé Camara ou encore Abé Sylla, et deux femmes, Makalé Camara et Makalé Traoré. Tous prêts à disputer au « professeur » la magistrature suprême.

Climat de méfiance

Si la Céni assure que tout est fin prêt pour le vote, des commissaires de l’institution ont émis des doutes sur la crédibilité du processus et un climat de méfiance règne dans les état-majors des partis politiques.

À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, les différents camps s’accusent mutuellement d’entretenir la tension par des actes d’intimidations envers leurs délégués respectifs.

Dans les rangs de l’UFDG, principal parti d’opposition, on dénonce « une organisation unilatérale » de la composition des bureaux de vote à la mise à disposition d’un PV unique pour tous les candidats. « Tout est fait pour créer la zizanie », soupire son secrétaire général Aliou Condé.

Du côté du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), le parti au pouvoir, on est en revanche plutôt serein sur déroulement des opérations de vote. C’est au moment du dépouillement et de la centralisation des résultats que la porte-parole du parti, Domani Doré, craint des tensions. « L’opposition a déjà prévenu qu’elle proclamera ses propres résultats alors que seule la Céni est en droit de le faire », s’inquiète-t-elle. « Personne ne peut empêcher les citoyens de communiquer », répond Aliou Condé.

Ces deux principales formations ont prévu de déployer des délégués dans chacun des 425 bureaux de vote de la préfecture. Leurs responsables promettent d’être vigilants sur la transparence du scrutin, comme l’indique ce reportage de notre envoyée spéciale Charlotte Idrac à Labé :

Dans un communiqué publié samedi, Amnesty International appelle les autorités à
« protéger la sécurité de toute la population, alors que la campagne électorale a été marquée par des violences et des violations des droits humains ».

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